
1 DVD Dynamic 38067
Lors du festival de Bergame 2024, cette production – créée en 2022 à Dijon – nous avait ennuyé et irrité par son manque de finesse (voir O. M. n° 209 p. 42), à la fois farce façon sitcom aux gags faciles (ne manquent plus que des rires enregistrés !) et fourre-tout de messages sociaux ou sociétaux, entre féminisme (Norina, après le supposé happy end, repart seule en voiture, SDF sans entraves) et inclusivité dans l’air du temps (le chœur très « gender fluid », invitant sur une banderole à « aimer sans limites »), sans oublier la lutte des classes, lourdement soulignée par l’alternance entre endroit (la maison très lookée de Don Pasquale) et envers (le coin poubelles, qui sert de cadre à plusieurs scènes d’Ernesto et Norina !) du décor tournant.
La captation, effectuée le même jour (17 novembre), ne modifie pas ces impressions, même si le cadrage plus rapproché permet ici ou là d’apprécier tel détail (Norina soudain effrayée par sa propre maltraitance du barbon sur « È finita, Don Pasquale »), et si le mixage atténue le côté assez bruyant de la direction musicale en favorisant davantage les voix.
Roberto de Candia se confirme un bon Pasquale par sa rondeur tant vocale que physique (rappelant le créateur Lablache), et surtout, en ancien disciple du grand Sesto Bruscantini, par son italien savoureux. Tous deux issus de l’académie pour jeunes chanteurs « Bottega Donizetti », Dario Sogos et Giulia Mazzola sont très crédibles dans leurs personnages, vocalement honorables mais pas mémorables, lui agile mais trop léger et court en grave, elle assez habile mais manquant de charme dans le timbre, avec des aigus parfois acides. L’élément réellement décevant du plateau en est toutefois la vedette, un Javier Camarena semblant constamment gêné, même si quelques graillons ont manifestement été gommés : effort sur les attaques, passage sans souplesse, manque de ligne, son Ernesto est bien laborieux. Une parution non essentielle pour cette œuvre très documentée.
THIERRY GUYENNE
1 DVD Dynamic 38067
Roberto de Candia (Don Pasquale) – Dario Sogos (Dottor Malatesta) – Javier Camarena (Ernesto) – Giulia Mazzola (Norina) – Fulvio Valenti (Un notaro)
Coro dell’Accademia Teatro alla Scala, Orchestra Donizetti Opera, dir. Iván López-Reynoso. Mise en scène : Amélie Niermeyer. Réalisation Matteo Ricchetti (16:9 ; stéréo : PCM 2.0 ; DTS-HD Master Audio 5.1)
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