CD / DVD / Livres Così fan tutte capté à Vienne
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Così fan tutte capté à Vienne

07/09/2026

2 DVD Cmajor 770908 & 1 Blu-ray 771004

De la récente trilogie Da Ponte en DVD par le tandem Jordan-Kosky au Staatsoper de Vienne pour Cmajor, nous avons déjà chroniqué le Don Giovanni (voir O. M. n° 219 p. 132) et les Nozze di Figaro (voir O. M. n° 216 p. 81). Pour ce Così capté en juin 2024, Barrie Kosky règle la question du procès en misogynie souvent fait à l’ouvrage en le traitant comme un jeu de rôles pour les deux couples, dont le meneur Alfonso expose les règles depuis sa petite table de mise en scène, assisté pour la régie d’une Despina peu souriante. Ni trompeurs ni trompés donc : hommes et femmes à égalité jouent en connaissance de cause. Certes, on perd de l’ambiguïté (au quintette du I, tout particulièrement), et cela conduit de façon presque trop évidente aux moments de bascule du jeu à la réalité des attirances de l’acte II. Mais globalement l’ouvrage se prête aisément à ce prisme, avec l’aide d’une très bonne direction d’acteurs, assez exigeante physiquement, mais aussi grâce à un jeu sur les costumes, les moments de vérité se produisant significativement alors que les hommes ont revêtu des corsets.

Avouons que la distribution, sous la direction très classique et sans surprises de Philippe Jordan – qui accompagne aussi les récitatifs au pianoforte – est plus enthousiasmante scéniquement que vocalement. On est gêné par de fréquents déséquilibres entre voix dans les duos et ensembles, mais aussi par une tendance, chez tous, à bâcler les traits.

La Fiordiligi de Federica Lombardi est d’une belle ampleur dans l’aigu – plus limitée dans le grave –, mais sa justesse approximative affecte tant ses airs que les ensembles. D’une énergie communicative, Emily D’Angelo est une Dorabella au timbre ferme et cuivré, mais dont l’émission un peu « rentrée » limite, même devant les micros, la projection. Le joli ténor de Filipe Manu, Ferrando d’excellente présence physique, sert bien « Un’aura amorosa », mais semble trop délicat pour « Tradito, schernito » et les ensembles, tandis qu’en Guglielmo, Peter Kellner est au contraire un baryton sonore mais trop en force et parlando. Kate Lindsey a beaucoup d’aplomb, mais maltraite son instrument par un chant trop constamment – et pas seulement en docteur et notaire – caricatural et surcouvert. C’est finalement le vétéran Christopher Maltman qui livre la performance la plus équilibrée, acteur juste et très bon diseur, même si le second acte le trouve parfois plafonnant ou trop vibrant.

THIERRY GUYENNE

2 DVD Cmajor 770908 & 1 Blu-ray 771004

Federica Lombardi (Fiordiligi) – Emily D’Angelo (Dorabella) – Peter Kellner (Guglielmo) – Filipe Manu (Ferrando) – Kate Lindsey (Despina) – Christopher Maltman (Don Alfonso)

Chor und Orchester der Wiener Staatsoper, dir. Philippe Jordan. Mise en scène : Barrie Kosky. Réalisation : Ella Gallieni (16:9 ; stéréo : PCM ; DTS 5.1)

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