Opéras Tosca à Saint-Étienne
Opéras

Tosca à Saint-Étienne

29/06/2026
Anthony Ciaramitaro et Federica Vitali. © Opéra de Saint-Étienne/Cyrille Cauvet

Grand Théâtre Massenet, 12 juin

Créée à Tours en 2017 (voir O. M. n° 129 p. 65), cette production très originale de Tosca revient à Saint-Étienne avec une distribution entièrement renouvelée. Sous ses apparences classiques, la vision littérale de Pier Francesco Maestrini est transcendée par l’utilisation, sous forme de projections vidéo, d’un matériau pictural emprunté aux lieux de Rome où se déroule l’action (Sant’Andrea della Valle et Palazzo Farnese). L’effet de transparence, dû à la trame placée devant la scène, à quoi s’ajoutent certaines disproportions voulues, donne l’impression que les personnages baignent dans un décor rêvé et fait osciller l’ensemble entre réalisme et vision mentale. Ainsi du finale du premier acte, où se superpose aux représentations sacrées la vision érotique de corps nus entremêlés tandis qu’à l’arrière-plan du monologue de Scarpia s’assemble une populace hébétée et titubante. Certes, on peut regretter, à l’instar de notre confrère Patrice Henriot, la disparition de la terrasse du Château Saint-Ange pour l’air de Cavaradossi, mais l’image du cachot où l’on apporte le cadavre d’Angelotti est proprement magique et concrétise cette recherche picturale qui domine toute la mise en scène.

Survolant la distribution, la Tosca de Federica Vitali possède une voix de soprano dramatique d’une grande homogénéité, qui s’épanouit pleinement dans la tension du deuxième acte mais ne manque pas de finesse pour le marivaudage du premier et habite son personnage de grande amoureuse avec tout l’engagement voulu. Anthony Ciaramitaro est un Cavaradossi solide, à l’aigu claironnant, auquel on souhaiterait parfois un peu plus de nuances et de lyrisme. L’élément le moins convaincant reste le Scarpia de Massimo Cavalletti, certes bonne voix de baryton-basse, mais trop monocorde, uniformément brutal et manquant de ce caractère insinuant qui donnerait toute sa portée à ses monologues en parlando. Une excellente galerie de petits rôles bien caractérisés et des chœurs remarquablement préparés apportent une contribution de haut niveau à la soirée, dont la réussite doit beaucoup à la direction précise de Giuseppe Grazioli. À la tête de l’orchestre maison, le chef rend pleinement justice à la splendeur instrumentale et à la puissance dramatique de la partition de Puccini.

ALFRED CARON

Federica Vitali (Floria Tosca)
Anthony Ciaramitaro (Mario Cavaradossi)
Massimo Cavalletti (Il Barone Scarpia)
Mathieu Gourlet (Cesare Angelotti)
Matteo Loi (Il Sagrestano)
Saverio Pugliese (Spoletta)
Florian Bisbrouck (Sciarrone)
Zoltan Csekö (Un carceriere)
Catherine Bernardini (Un pastore)
Giuseppe Grazioli (dm)
Pier Francesco Maestrini (ms)
Juan Guillermo Nova (dv)
Luca Dall’Alpi (d)
Pascal Merat (c)

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