« Arrivé à peine à la moitié de [sa] carrière », Florian Sempey nous livre ici son autoportrait. Ce qui de prime abord pourrait sembler narcissique, ou tout au moins prématuré, retient pourtant notre attention et même notre sympathie. De son enfance passée dans la région bordelaise jusqu’à ses succès d’aujourd’hui, on comprend vite combien pour lui vie professionnelle, vie privée et vie spirituelle forment un tout indissociable. C’est avec la même franchise qu’il évoque sa famille, ses meilleurs amis, les rôles qui lui tiennent à cœur, les compositeurs qu’il aime (Rossini, Rameau, Mozart…) et ceux dont il se sent éloigné (Puccini et les véristes italiens).
Ce récit intime qui ne s’éloigne jamais de l’opéra emprunte souvent des chemins de traverse, et c’est ainsi qu’il est question d’Uther, son teckel, de Star Wars, de Saint-Émilion, le lieu qu’il préfère au monde, ou de la forêt de Brocéliande qui chaque année lui permet de « percevoir autrement ». Celui qui, enfant, rêvait de devenir égyptologue est aujourd’hui un baryton reconnu internationalement ! Au passage, il nous parle bien sûr, toujours avec un solide bon sens, de la technique vocale, du rôle du chef d’orchestre et du metteur en scène, des agents artistiques et de bien d’autres choses qui tiennent à son métier. Au terme de cette promenade personnelle, il fournit au lecteur… sa recette du civet de sanglier ! N’écrivait-il pas, quelques pages auparavant, que « la cuisine, comme le chant, demande patience, précision et sens du rythme » ?
PIERRE CADARS
Arthaud
208 p. 21 €
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