Concerts et récitals Tristan und Isolde à Montpellier
Concerts et récitals

Tristan und Isolde à Montpellier

25/07/2026
Tanja Ariane Baumgartner, Anja Kampe, Jaap van Zweden et Stuart Skelton. © Alyssa Leroy

Opéra Berlioz/Le Corum, 11 juillet

Il suffit de quelques minutes du Prélude par l’Orchestre Philharmonique de Radio France pour avoir la certitude que ce Tristan était une excellente idée, qui plus est avec la prise de fonction « anticipée » (avant la rentrée) de son futur directeur musical Jaap van Zweden. Les fantastiques cordes offrent une unité ébouriffante, une coordination micrométrique des départs et des fins de phrases, des sables mouvants intégrant les autres instruments. Les bois caressent et se répandent, les cuivres rebondissent finement sur le son des autres pupitres. Le chef insuffle un onirisme d’hallucination et s’assure que l’étau se resserre sur les personnages en même temps que l’action avance, dans un ruissellement marin au tact imparable. À partir de cette polyévénementialité à la flamme constante, poignent une soif de faire redécouvrir les Leitmotive sous des formes ludiques, et une capacité à transformer l’orchestre en outil d’imprégnation à hauteur de sensation.

Les chanteurs exposent une tout aussi large palette. Le « Liebestod » implorant d’Anja Kampe place l’espoir en première ligne, après que son Isolde aura chanté l’insouciance de pouvoir changer le monde à deux, tandis que le début aura été traversé d’une violente détermination sans faille. La soprano est une bête de scène dont la fosse serait une extrémité vive. La nature supposément plus placide du Tristan de Stuart Skelton au I prend une assise vocale plus affirmée au II – avec quelques aigus crayeux bientôt dissipés au dernier acte –, toujours à cœur ouvert (et sans partition). Ce mélange de métaphysique et de direction nette pose les bases de son amour pour Isolde, dont il a puisé dans le caractère pour se construire lui-même. Au réconfort et à la bienveillance de Kurwenal (Iain Paterson) répond le couperet à la logique implacable du Roi Marke (Kwangchul Youn), en complément du panorama de bonté tissé par Tanja Ariane Baumgartner (Brangäne) et de la robustesse du chœur d’hommes de Radio France.

THIVAULT VICQ

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