Opéras Le Requiem de Mozart à Aix-en-Provence
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Le Requiem de Mozart à Aix-en-Provence

23/07/2026
© Monika Rittershaus

Théâtre de l’Archevêché, 10 juillet

Ce Requiem ouvrait, en 2019, la première saison aixoise de Pierre Audi. Ce devait être un marqueur… ce fut une déception. Pas plus que Mehdi Mahdavi (voir O. M. n° 153 p. 31), la mise en images de Romeo Castellucci ne nous avait convaincu de sa pertinence, ni même de ses beautés. S’y confronter à nouveau ne fait que répéter la déception, en montrant les distances entre l’œuvre et sa traduction visuelle, qui ne captive ni n’éblouit. 

Narrer le destin d’une vieille femme qui disparaît dans son lit, pour la retrouver réincarnée, rajeunie, au milieu de la célébration des traditions survivantes du monde passé, pourquoi pas ? Mais supporter la projection écrite d’un atlas des grandes extinctions, lancinant et subjectif par ses manques, même si le plasticien a cru bon d’y ajouter Gaza et autres atrocités récentes, revient à distiller un ennui chic mais insondable. Et si conclure sur l’apparition d’un bébé porteur d’espoir fait évidemment sens dans un monde plus fragilisé encore qu’hier, on voit surtout les ficelles du propos plus que la sensibilité et l’émotion qui demeurent dans la fosse. Le Requiem est à nouveau ponctué de neuf fragments mozartiens ou anonymes, qui fragmentent l’architecture et finissent de défaire l’unité déjà fragile liée à son inachèvement. Certes, c’est une façon usuelle pour Raphaël Pichon d’en dire plus sur les œuvres, mais Zaïde s’y prêtait mieux à Salzbourg l’an dernier.

En 2019, l’interprétation musicale sauvait le propos ; pourquoi pèse-t-elle davantage aujourd’hui ? Manque de nerf de la battue, raffinée, tout en nuances, mais qui s’éteint peu à peu dans la pénombre du propos scénique. L’orchestre Pygmalion sonne enfoui au fond de la fosse. Heureusement, ses chœurs sont, sur scène, impressionnants. Las, le quatuor vocal ne porte guère à l’enthousiasme. Mélissa Petit n’est vraiment pas à son meilleur, Alex Rosen, somptueux de creux, met du temps à le magnifier, le beau ténor de Duke Kim manque d’expression. Seule Beth Taylor impose son timbre et son humanité comme un vrai moment de communion partagée.

PIERRE FLINOIS

Mélissa Petit (soprano)
Beth Taylor (alto)
Duke Kim (ténor)
Alex Rosen (basse)
Raphaël Pichon (dm)
Romeo Castellucci (ms/dcl)
Evelin Facchini (ch)

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