CD / DVD / Livres Marlis Petersen : Blüten der Liebe
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Marlis Petersen : Blüten der Liebe

02/09/2026

1 CD Solo Musica SM556

Marlis Petersen s’était fait remarquer dans le domaine du Lied avec la série Dimensionen, trois programmes très personnels et riches en raretés, enregistrés entre 2017 et 2019, puis regroupés en un coffret (voir O. M. n° 169 p. 54). Sous le même label, Solo Musica, mais cette fois en autoproduction (la notice, sans les textes chantés, s’en ressent), ce Blüten der Liebe (Fleurs de l’amour), gravé en studio en octobre 2025 par la soprano allemande et son compatriote pianiste Stephan Matthias Lademann – déjà du projet précédent – possède moins d’atouts, tant pour son programme beaucoup moins original qu’en raison de l’évolution de la voix. 

Des archiconnus Frauenliebe und -leben de Schumann et Wesendonck Lieder de Wagner (Stehe still! et Träume figuraient déjà dans Dimensionen I et III), ils offrent une interprétation peu marquante. L’ajout, sur le postlude schumannien, de vers chantés puis parlés (assez mal) du dernier poème de Chamisso, non retenu par le compositeur (Traum der eignen Tage), est une fausse bonne idée typique. En revanche, ces deux cycles sollicitent largement un médium qui a perdu en étoffe, en rondeur, en couleurs – la chanteuse, intelligemment, ne cherche d’ailleurs pas à le grossir –, tandis que les passages héroïques, chez Wagner, éprouvent un peu l’instrument.

Dans les rares et aimables Walzer-Gesänge de Zemlinsky, puis dans six Strauss (dont le malicieux Begegnung), on retrouve beaucoup plus le naturel et le brillant de la voix, colorature à ses débuts avant d’évoluer vers un soprano plus lyrique. Mais ici, c’est parfois l’aigu qui, sur fa-sol-la, se froisse ou s’affole. 

On sait que Marlis Petersen, 57 ans au moment du disque, s’était lancée, depuis les gravures précédentes, dans des rôles extrêmes pour elle, en particulier, dès 2019 à Munich, une Salome de Strauss discutée. Des aventures limites sans doute pas étrangères au perceptible défraîchissement de la voix, comme à ces étonnantes tensions passagères.

Stephan Matthias Lademann est un partenaire délicat, mais dont le jeu discret et feutré manque trop souvent de poids et de profondeur, et pas seulement dans Wagner : Allerseelen de Strauss est, par exemple, plat et sans grande ligne.

THIERRY GUYENNE

1 CD Solo Musica SM556

Schumann – Zemlinsky – Wagner – Strauss

Stephan Matthias Lademann (piano)

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