Concerts et récitals Roméo et Juliette de Berlioz à Paris
Concerts et récitals

Roméo et Juliette de Berlioz à Paris

03/11/2026
© William Beaucardet

Philharmonie, Grande Salle, 21 octobre

Berlioz a choisi de faire du mythe de Roméo et Juliette une symphonie « dramatique », c’est-à-dire mêlée de chants qui font entrer le drame dans la forme symphonique. Klaus Mäkelä a pris l’expression au pied de la lettre en mettant en scène le Chœur de l’Orchestre de Paris d’une manière assez judicieuse. Au cours de l’introduction instrumentale, ainsi, le petit chœur du Prologue s’installe sur scène, côté cour, un peu comme les comédiens qui font irruption dans Six personnages en quête d’auteur de Pirandello. Plus tard, le grand chœur fait cortège au moment du Convoi funèbre de Juliette et descend les gradins qui lui sont réservés. Il se sépare en deux groupes au début du finale (Capulet contre Montaigu) et ne forme plus qu’une seule masse, impressionnante, pour le Serment qui conclut la partition. Car ce concert fait partie de la célébration des 50 ans du Chœur de l’Orchestre de Paris, qui a, au fil des ans, atteint une forme d’accomplissement musical.

L’Orchestre de Paris n’est pas dans une forme moins réjouissante. Klaus Mäkelä, de toute évidence, obtient ce qu’il veut des musiciens : les violons I et II face à face (ce qui fait respirer la musique et lui donne un surcroît de relief) donnent l’impulsion, et l’ensemble des instruments livre une interprétation nerveuse, tranchante, travaillée dans le détail. On applaudit par ailleurs Marianne Crebassa, dont la voix est plus sombre et les intentions plus appuyées qu’avec Daniele Gatti et l’Orchestre National de France il y a près de dix ans ; mais aussi Julien Henric, impeccable de verve dans le bref Scherzetto. Jean Teitgen a la voix qui convient idéalement à Frère Laurent, mais une méchante laryngite vient torpiller toute l’humanité qu’il met dans sa prestation.

Il n’allait pas de soi que Mäkelä vive de l’intérieur cette partition qui exige autant d’engagement que de délicatesse, mais cette soirée nous donne à souhaiter qu’il persiste à faire sienne la musique de Berlioz, qui décidément ne ressemble à aucune autre.

CHRISTIAN WASSELIN

Marianne Crebassa (mezzo-soprano)
Julien Henric (ténor)
Jean Teitgen (basse)
Klaus Mäkelä (dm)

.

Pour aller plus loin dans la lecture

Concerts et récitals Médée à Paris

Médée à Paris

Concerts et récitals Petr Nekoranec à Bayreuth

Petr Nekoranec à Bayreuth

Concerts et récitals The Sopranos à Bayreuth

The Sopranos à Bayreuth