Concerts et récitals La Damnation de Faust à La Côte-Saint-André
Concerts et récitals

La Damnation de Faust à La Côte-Saint-André

12/09/2026
Alexander Roslavets, Jérémie Schütz, Mathieu Herzog et Ambroisine Bré. © Festival Berlioz/Bruno Moussier

Cour du Château Louis XI, 25 août

La Damnation de Faust fait partie des classiques du Festival Berlioz : Roth (2014), Gardiner (2017), Gergiev (2021), Dutoit (2023) l’y ont tour à tour dirigée. Cette fois, c’est Mathieu Herzog qui aborde l’ouvrage en compagnie de son orchestre Appassionato. Une formation où les cuivres et surtout les bois font merveille, où les cordes ne déméritent pas, où les percussions manquent un peu de férocité. Le chef français pourrait obtenir une palette de nuances plus étagée, mais l’esprit de la partition est là – davantage qu’en 2025 dans le Requiem avec les mêmes interprètes. On applaudit aussi le chœur, qui réunit des formations venues de différents horizons et auquel Thibaut Louppe, au fil d’une préparation exigeante, a su donner une belle énergie et un bel enthousiasme. Seules manquent à l’appel les voix d’enfants au moment de l’« Apothéose » de Marguerite.

Reste le plateau, qui hélas nous fait descendre de plusieurs degrés. Si Arthur Dougha est un Brander acceptable, Jérémie Schütz a bien des difficultés à être Faust, par la couleur (un peu sombre) ou par le style, le personnage étant caractérisé de manière un peu sommaire. Il se sort toutefois avec les honneurs des tumultes de l’« Invocation à la nature ». Alexander Roslavets est un comédien tout aussi peu convaincant (roulements d’yeux, ironie outrée). Surtout, le chanteur russe croit bien faire en articulant à l’excès et en assombrissant tout à coup son émission après l’avoir rendue grinçante, si bien qu’il donne l’impression de posséder deux voix entre lesquelles il ne sait pas choisir. Ambroisine Bré s’en sort mieux : le timbre et la ligne sont là, mais un manque d’expression et une sorte d’indifférence (qui explique peut-être ce moment de déconcentration qui perturbe aussi l’orchestre dans le « Roi de Thulé ») privent sa Marguerite de toute sensualité.

En poste depuis 2009, Bruno Messina a été nommé aux Chorégies d’Orange. Le nouveau directeur, même si les dernières éditions n’ont pas atteint le lustre des précédentes, pourra difficilement faire mieux. Une manifestation vouée à célébrer Berlioz à La Côte-Saint-André devra nécessairement se réinventer.

CHRISTIAN WASSELIN

Ambroisine Bré (Marguerite)
Jérémie Schütz (Faust)
Alexander Roslavets (Méphistophélès)
Arthur Dougha (Brander)
Mathieu Herzog (dm)

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