Actualités Edita Gruberova 1946-2021
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Edita Gruberova 1946-2021

25/11/2021
Giunia dans Lucio Silla à Vienne (1991). © AXEL ZEININGER
La brutale disparition de la diva slovaque, le 18 octobre dernier, à l’âge de 74 ans, a plongé ses innombrables admirateurs dans l’affliction. Opéra Magazine rend hommage à une soprano d’exception, dont la manière on ne peut plus personnelle de chanter et les choix de rôles surprenants n’ont jamais fait oublier la voix et la technique phénoménales.

Au départ, Edita Gruberova avait une voix de soprano colorature, certes pas dramatique et sombre comme celle d’Edda Moser, son aînée de huit ans, mais avec suffisamment de corps dans le médium, et de métal dans la partie supérieure du registre, pour la distinguer de tant de « sopranini » distribuées dans la Reine de la Nuit (Die Zauberflöte) et Zerbinetta (Ariadne auf Naxos), son ascendance slave conférant une touche de mélancolie à son timbre.

Quand on l’entendait, on était d’abord impressionné par la sûreté et la puissance du suraigu, qui en firent l’incontournable Reine de la Nuit du tournant des années 1970-1980. Sur ce terrain, sa marge de manœuvre était telle qu’elle se jouait, avec une aisance confondante, de la version originale de l’air de Zerbinetta (« Grossmächtige Prinzessin »), coda un ton plus haut et terrifiants contre-fa dièse compris ! De même, les contre-sol de l’air de concert « Popoli di Tessaglia ! » de Mozart ne lui posaient aucun problème. Ajoutez à cela une grammaire virtuose complète : coloratures comme du vif-argent, piqués très nets – en effet d’écho dans Die Zauberflöte –, trille d’école, parfois lent et langoureux, ou au contraire nerveux et rapide, propre à exprimer l’exaltation ou la terreur. Sa Zerbinetta était ainsi l’une des seules à faire entendre un vrai battement sur un contre-ré tenu.

Le tout reposait sur une gestion du souffle remarquable par son économie, autorisant des vocalises flottantes interminables, par exemple dans l’air de Giunia dans Lucio Silla (« Ah ! se il crudel periglio »). Edita Gruberova pouvait tenir un aigu filé à l’envi, faire une messa di voce sur un trille, voire enchaîner une longue phrase sans reprendre sa respiration.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 178

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