Concerts et récitals Les Boréades à Toulouse
Concerts et récitals

Les Boréades à Toulouse

19/06/2026
Gwendoline Blondeel, Reinoud Van Mechelen et Tomáš Král. © David Herrero

Théâtre du Capitole, 27 mai

Jamais données du vivant de Rameau, Les Boréades (1763) sont sans doute l’œuvre la plus difficile pour l’orchestre et le chef, avec d’incroyables passages polyrythmiques et maints enchaînements périlleux. Que pour cette tournée européenne marquant les dix ans de son ensemble A Nocte Temporis, Reinoud Van Mechelen s’y attaque tout en chantant le rôle d’Abaris, était un grand défi, relevé avec superbe, à la tête d’un orchestre aussi virtuose (les cors, les bois) que chatoyant et d’un excellent Chœur de Chambre de Namur, tous aussi attentifs à son geste que capables d’autonomie. Ce rendu musical impeccable justifie, au bout du compte, quelques moments d’une gymnastique pas toujours esthétique consistant à assurer une battue, même minimale et d’une main, en tournant le dos à la formation pour projeter sa voix.
D’autant que, dans cette partie taillée pour l’immense Jélyotte, le ténor belge – qui a déjà gravé Abaris pour Erato en 2023 – est vocalement sans égal, stupéfiant par son aisance technique et son immense palette de couleurs et de dynamiques, alternant à l’envi accents héroïques et tendres alanguissements, aigus délicatement falsettisés ou impressionnants de puissance, avec un médium corsé, parfois quasi barytonnant. L’autre haute-contre, Robert Getchell – son rival Calisis – souffre de la comparaison, stylé et efficace mais plus monochrome et étroit de timbre. Performant aussi, le Borilée de Philippe Estèphe, que l’on pourrait souhaiter plus éloquent. Surtout face à l’autre baryton, Tomáš Král, qui détaille avec classe – malgré une pointe d’accent – Adamas et Apollon, et plus encore au baryton-basse somptueux de Lisandro Abadie, Borée au verbe formidablement évocateur.
Quant aux deux sopranos, Lore Binon rend parfaitement la diversité de ses quatre rôles, aux côtés de l’Alphise de Gwendoline Blondeel, aussi convaincante dans l’élégie amoureuse que dans sa farouche détermination, avec des ressources de médium insoupçonnées et une belle virtuosité dans « Un horizon serein ».

THIERRY GUYENNE

Gwendoline Blondeel (Alphise)
Reinoud Van Mechelen (Abaris)
Robert Getchell (Calisis)
Philippe Estèphe (Borilée)
Lisandro Abadie (Borée)
Tomáš Král (Adamas, Apollon)
Lore Binon (Sémire, Une Nymphe, L’Amour, Polymnie)
Reinoud Van Mechelen (dm)

.

Pour aller plus loin dans la lecture

Concerts et récitals Ariodante à Paris

Ariodante à Paris

Concerts et récitals Götterdämmerung à Versailles

Götterdämmerung à Versailles

Concerts et récitals Siegfried à Paris

Siegfried à Paris