Opéras Le Mariage en poste à Bad Wildbad
Opéras

Le Mariage en poste à Bad Wildbad

06/08/2026
Dmytro Voronov, Mattia Torriglia, Erwan Fosset et Juliette Amirault. © Rossini in Wildbad/Patrick Pfeiffer

Kurtheater, 26 juillet

Le Mariage en poste appartient à cette floraison d’opéras de salon qui se développa autour de 1850 et dans laquelle puise largement le festival depuis quelques années. Le livret de Galoppe d’Onquaire met en scène une rencontre fortuite et « anonyme » entre une jeune fille et le mari que son père lui a choisi, dans un relais de poste (d’où son titre). Malgré son refus de principe d’épouser un inconnu, la promise va tomber amoureuse du jeune homme qui lui-même, la prenant pour la servante de l’auberge, ne résistera pas à son charme alors qu’il n’était guère convaincu de ce mariage. Le livret, très soigné, ne manque pas de finesse et se révèle d’une tonalité littéraire très recherchée, à laquelle répond la partition raffinée de Jean-Baptiste Weckerlin, qui fait montre, au fil des huit numéros qui la composent, d’une remarquable invention mélodique dans une tonalité plus proche de l’héritage de l’« opéra-comique » des années 1830 que du bel canto italien.

Entièrement confiée aux jeunes chanteurs de l’Akademie BelCanto, elle révèle trois talents très prometteurs. Dans le rôle bouffe du père, le baryton Dmytro Voronov fait valoir une voix superbement timbrée dont la projection impressionne, alliée à un français impeccable malgré un accent prononcé qui ajoute au comique d’un personnage digne d’un « opéra-bouffe » d’Offenbach. Dans celui de la jeune première, le soprano lyrique léger de Juliette Amirault s’épanouit mieux qu’il ne le faisait la veille dans l’air d’Adina au programme du concert des élèves de l’Akademie BelCanto. Il en va de même avec le ténor Erwan Fosset, par ailleurs excellent comédien, dont les affinités avec le répertoire lyrique sont absolument évidentes, notamment dans ses couplets et le duo amoureux. Soutenue par le piano de Mattia Torriglia (auquel se joint Andrés Jesús Gallucci pour l’Ouverture à quatre mains), la pièce se révèle tout à fait charmante et son sentimentalisme léger séduit, bien mis en valeur par une direction d’acteurs soignée et quelques accessoires et costumes bien pensés.

ALFRED CARON

Dmytro Voronov (Le Marquis de Boiscivry)
Erwan Fosset (Le Comte Émeric)
Juliette Amirault (Alice)
Mattia Torriglia (p)
Jochen Schönleber (ms/d)
Eleonora Calabrò (ms/c)
Marcel Hahn (l)

.

Pour aller plus loin dans la lecture

Opéras Rienzi à Bayreuth

Rienzi à Bayreuth

Opéras Fidelio à Saint-Céré

Fidelio à Saint-Céré

Opéras Les Voyages de Monsieur Brouček à Bregenz

Les Voyages de Monsieur Brouček à Bregenz