Esglesia del Carme, 25 juillet
Les lumières s’estompent. Le baryton-basse confie que sa précédente participation au Festival de Peralada remonte à 1990. Il ne cherche pas à rattraper le temps perdu : il fournit un « best of » de ce qu’il sait faire de mieux. La formule, à base de présentation farceuse des pièces, a le mérite de l’efficacité, même si elle s’avère parfois trop préparée. Le caractère de troubadour engagé lui sied dans le répertoire en anglais (Keel, Novello), où la voix, jamais forcée, maintient un cap et une verve picaresque, où les images se créent par le chant. Les pages galloises s’accompagnent de la même maîtrise minutieuse, quoiqu’avec un supplément d’âme qui le mène vers une fragilité et une tendresse bienvenues.
Dans Schubert, l’interrogation supplante l’exclamation de la première partie, jusqu’à une splendide Litanei auf das Fest Aller Seelen, où Bryn Terfel « invisibilise » son instrument. La variété des personnages dépeints nuit au vagabondage de Debussy, que les ombres de Schumann viennent heureusement rehausser en soutien au texte. Sur la « Romance à l’étoile » de Tannhäuser, il trouve un sérieux permanent porté par l’horizontalité de la phrase et la force du souffle, qu’il conclut par le « Stars » des Misérables en crescendo salutaire. La harpe à pas de loup d’Hannah Stone constitue un riche complément au piano bigarré d’Annabel Thwaite. Celle-ci compose de sidérantes marées et guirlandes, suscite le sourire du clavier et fait battre le cœur de ce récital.
THIBAULT VICQ
Annabel Thwaite (piano)
Hannah Stone (harpe)
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