Teatro Rossini, 20 août
La production de Jean-Pierre Ponnelle de L’occasione fa il ladro remonte à 1987. Ce qui, à la création, pouvait paraître novateur, ne suffit plus à surprendre aujourd’hui, suscitant souvent à peine un demi-sourire. Surtout, au fil des reprises, la direction d’acteurs s’est quelque peu figée dans des postures qui échouent à faire exister les personnages au-delà d’un registre un peu caricatural que renforcent les costumes d’époque.
La distribution est essentiellement composée d’anciens élèves de l’Académie. Si aucun ne démérite, personne, sauf peut-être la mezzo Martiniana Antonie, dans le rôle secondaire d’Ernestina, au tempérament bien affirmé, ne convainc tout à fait. Malgré une technique très sûre, Matteo Mancini, au timbre clair, manque un peu d’étoffe pour Parmenione, le Don Giovanni au petit pied de cette histoire d’usurpation d’identité. On reconnaîtra au Comte Alberto de Dave Monaco, tenore di grazia de bonne école, beaucoup de style et d’élégance, avec un phrasé et une capacité à donner à son personnage une touche de virilité bienvenus. La Berenice de Damiana Mizzi possède une certaine facilité dans la vocalise, mais sa composition manque singulièrement de piquant jusque dans son grand air d’indignation à la tonalité féministe. Excellent comédien, Giuseppe Toia paraît un peu brouillon dans son air de sorbet où il fait le portrait de son maître, tel un autre Leporello. En Don Eusebio, Manuel Amati n’a presque rien à chanter mais joue à la perfection son rôle de petit vieillard agité par cette intrigue qui lui échappe tout à fait.
Le meilleur est à trouver dans les ensembles, remarquablement conduits par la baguette d’Alessandro Bonato, qui, à la tête de l’Orchestra Sinfonica G. Rossini, donne une lecture raffinée et quasi chambriste de la partition de jeunesse du compositeur. Il y manque toutefois cette touche de dynamisme qui ferait décoller tout à fait un ouvrage où apparaît déjà ce sens théâtral qui caractérisera les grands opéras-bouffes de Rossini.
ALFRED CARON
Manuel Amati (Don Eusebio)
Damiana Mizzi (Berenice)
Dave Monaco (Il Conte Alberto)
Matteo Mancini (Don Parmenione)
Martiniana Antonie (Ernestina)
Giuseppe Toia (Martino)
Alessandro Bonato (dm)
Jean-Pierre Ponnelle (ms/dc)
Sonja Frisell (ms)
Fabio Rossi (l)
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