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Concerts et récitals

Concert d’adieux d’Annick Massis à Toulouse

07/01/2026
Antoine Palloc et Annick Massis. © David Herrero

Théâtre du Capitole, 2 décembre 

Accueillie par une très longue ovation pour ce concert annoncé d’adieux, la soprano française donne un programme mêlant mélodie et opéra qui peut d’abord sembler un peu fourre-tout mais ménage une subtile progression tant vocale qu’émotionnelle.

Un début tout en douceur – permettant à Antoine Palloc de déployer des trésors de toucher –, avec deux mélodies d’Obradors et de Jayme Ovalle ne sollicitant que le médium. La sous-partie italienne fait monter la température, d’abord dans le baroque, avec le poignant « Sposa son disprezzata » de Vivaldi, aux longues notes filées. Un pas ensuite dans le romantisme tardif avec le tragique « Nebbie » de Respighi, « Poveri fiori » d’Adriana Lecouvreur, puis des mélodies de Tosti (« Non t’amo più ») et Cimara (« Stornello »), tous délivrés avec un souci belcantiste assez inhabituel dans ce répertoire. La copieuse première partie s’achève en France : après le sensuel « Psyché » de Paladilhe, la soprano renoue enfin avec la virtuosité qui a fait sa réputation (vocalises, trilles et suraigus) dans la « Villanelle » de Dell’Acqua. 

La seconde partie, uniquement opératique, confirme une forme vocale tout à fait remarquable, à quelques semaines de son 68e anniversaire, avec un « Addio del passato » phrasé à la corde, puis un adorable « O mio babbino caro ». Mais c’est surtout le dernier air qui permet d’apprécier l’immense technicienne et la fine styliste : rarement aura-t-on entendu un « Casta diva » aux fioritures si nettement détaillées, avec une large palette de dynamiques et de couleurs, ni un « Ah! Bello a me ritorna » d’une telle aisance. Pourquoi aucun théâtre ne lui a-t-il jamais proposé Norma ? Pas moins de cinq rappels, dont un réjouissant pot-pourri de citations des Manon, Olympia, Marguerite (de Faust) et Amina malicieusement intercalées dans la chanson « À la claire fontaine », et un brillant « Sempre libera », jusqu’à un glorieux mi bémol.

Saluée d’une « standing ovation », couverte de fleurs (dont un bouquet affectueusement apporté par… Karine Deshayes !), l’antidiva s’est aussi vu remettre à cette occasion les insignes de Commandeur (et non, comme on a pu le lire partout, d’Officier, grade déjà obtenu en 2022) dans l’ordre des Arts et des Lettres, par le directeur artistique Christophe Ghristi, qui a retracé sa brillante carrière de trente-cinq ans en soulignant ses liens privilégiés avec le Capitole.

THIERRY GUYENNE

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