On en parle Une Bohème 1930 à Montpellier
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Une Bohème 1930 à Montpellier

25/04/2024
La Bohème, dans la production d'Orpha Phelan, à sa création, à Dublin (2023). © Ros Kavanagh

En 2014, la metteuse en scène irlandaise Orpha Phelan signait, à l’Opéra de Malmö, une production contemporaine et épurée de La Bohème. Neuf ans plus tard, celle qui assure pouvoir réaliser « des centaines de versions différentes de La Bohème et ne faire que cela pour le restant de ses jours », se replongeait dans le chef-d’œuvre de Puccini, à l’Irish National Opera, en le parant, cette fois, des couleurs chatoyantes des « Années folles ». C’est ce spectacle que l’Opéra Orchestre National Montpellier, son coproducteur, présente, à l’Opéra Berlioz/Le Corum, du 22 au 26 mai prochain.

Mimi (Adriana Ferfecka) et Rodolfo (Long Long) s’aimeront, donc, dans un Paris 1930, où ils croiseront Ernest Hemingway, James Joyce, Édith Piaf, Dora Maar ou… Marlene Dietrich, dont Musetta (Julia Muzychenko) prendra certains traits. Un Paris d’entre-deux-guerres, « empli d’espoirs et de naïveté, qui s’apprête pourtant à connaître le pire » – à l’instar des deux amants.

Dans la mansarde du premier tableau, dans l’effervescent café Momus, d’où s’échappent de vifs ballons rouges, dans le très bleu et très froid troisième acte, « magiquement illuminé » par Matt Haskins, puis dans l’atelier, désormais noir et dénudé, qui accueillera la mort de Mimi, de mystérieuses caisses s’amoncelleront, tout au long de l’opéra.

Constamment en mouvement, ces palettes de bois montreront comment les artistes de l’histoire – le poète Rodolfo, le peintre Marcello (Mikolaj Trabka), le musicien Schaunard (Dominic Sedgwick) et le philosophe Colline (Dongho Kim) – ­subliment leur quotidien de pauvreté. Et permettront aux interprètes et artisans de la représentation, de façonner la scène au fil de la narration. Ainsi, pas de longs changements de décors (­signés Nicky Shaw) entre les actes – « Je déteste cela », confie Orpha Phelan –, mais un enchaînement fluide.

Après Rigoletto, en 2021, le chef américain Roderick Cox revient à l’Opéra Orchestre National Montpellier, pour mener la troupe bohème jusqu’à la « fin de son insouciance ». Les apprentis ­d’Opéra Junior, qui accompagneront le chœur maison, promettent, quant à eux, de garder jusqu’au bout l’exaltation de leur jeunesse.

ROXANE BORDE

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