On en parle À Paris, Don Quichotte se souvient
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À Paris, Don Quichotte se souvient

25/04/2024
Maquette du décor signé Paolo Fantin. © DR

Comptant parmi les derniers opéras de Massenet, et ses préférés, Don Quichotte (Monte-Carlo, 1910) n’avait plus été joué à l’Opéra National de Paris… depuis février 2002 ! Le défi est donc de taille, pour Damiano Michieletto, qui fait revivre, à l’Opéra Bastille, du 10 mai au 11 juin, ce personnage mythique de la littérature, sous la baguette de Patrick Fournillier.

« La difficulté, c’est de réussir à dire qui est Don Quichotte, alors que de nombreux livres, films et spectacles ont déjà tant parlé de lui », explique le metteur en scène italien. « L’important, avec un classique comme celui-ci, est donc de donner une vision personnelle du héros, qui permettra au public de s’identifier à lui. »

Signé Henri Cain, le livret s’appuie sur une pièce de théâtre de Jacques Le Lorrain, qui s’éloigne quelque peu du célèbre roman de Cervantes – ce qui valut à Massenet les critiques les plus sévères. L’opéra raconte, ainsi, la rencontre de Don Quichotte avec Dulcinée, sa quête du collier de la jeune femme, son emprisonnement, sa demande en mariage, puis sa mort – des épisodes qui laissent apparaître ce personnage, comme un homme épris d’idéal et de justice, vivant à travers ses rêves.

Orientant le feu des projecteurs sur la souffrance et le rapport à la mémoire du protagoniste, Damiano Michieletto déroule les événements par flash-back. Incarné, pour la première fois, par Christian Van Horn – avant que Gabor Bretz ne prenne le relais, à partir du 1er juin –, Don Quichotte, taillé aux mesures du mythique Fiodor Chaliapine, apparaît, ici, sous les traits d’un écrivain des années 1990.

En proie à la crise de la cinquantaine, celui-ci tente d’affronter, par la plume, les souvenirs traumatiques de son histoire, très ancienne, avec la Belle Dulcinée, que Gaëlle Arquez ajoute, à cette occasion, à son répertoire. Cloîtré dans sa chambre, il est soutenu par son fidèle ami Sancho Pança – une prise de rôle, non moins attendue, pour Etienne Dupuis.

Tandis que des situations surréalistes – les chœurs arrivent sur scène, en paraissant sortir des meubles et du mur de la chambre de Don Quichotte – montrent que les événements représentés sont issus de la mémoire, possiblement déformante, du héros, plusieurs vidéos dévoilent le cadre réel de ces souvenirs.

Jusqu’à ce que l’écrivain gagne sa « bataille contre lui-même »…

ROXANE BORDE

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