Opéras Nabucco à Macerata
Opéras

Nabucco à Macerata

15/09/2026
Ariunbaatar Ganbaatar et Anastasia Bartoli. © Macerata Opera Festival

Arena Sferisterio, 1er août

Chaque été, les Italiens restent très attachés à leurs festivals lyriques en plein air. Si Vérone, le plus ancien, demeure le préféré, ceux de Martina Franca, Torre del Lago ou Macerata sont toujours appréciés pour leurs programmations et les lieux dans lesquels sont présentés les ouvrages. Cette année encore, le MOF a su attirer touristes et habitués, heureux d’investir le splendide Sferisterio autour de Verdi, Rossini et Orff. Sans surprise, le Nabucco présenté du 17 juillet au 9 août a fait salle comble.

Le spectacle sobrement réalisé par Paul-Émile Fourny, avec ses mouvements de foule concis, son décor unique dont certaines parties changées à vue et ses belles vidéos projetées sur le mur de fond de scène, ne démérite pas. Cet habitué des grands plateaux à ciel ouvert connaît son métier et sait raconter des histoires en se mettant à la portée du public. Les enjeux politiques, les luttes de pouvoir et l’arrière-plan sentimental sont ainsi traités avec clarté et mis en valeur par le commentaire musical soigné du maestro Fabrizio Maria Carminati, à la tête du très honorable Orchestra Filarmonica Marchigiana. Son Verdi pensé, sans artifice, aux contours nets, va droit au but, aussi touchant que percutant.

Les interprètes, dont le jeu nuancé est à souligner, abordent leurs personnages avec un vrai souci de vérité et de justesse. Ariunbaatar Ganbaatar, entendu dans ce titre à Sanxay il y a un an, poursuit une belle ascension dans le rôle de Nabucco. La voix du baryton mongol, toujours aussi belle et richement projetée, s’accompagne ici d’une lecture encore plus dense et fouillée du tyran, qui laisse apparaître avec finesse chaque faille de son caractère despotique et vacillant.

Applaudie l’an dernier à Pesaro dans Zelmira, Anastasia Bartoli franchit une nouvelle étape avec cette Abigaille à la vocalité éruptive, farouchement engagée. L’Italienne chante et joue avec une aisance confondante, faisant fi de chaque difficulté musicale, plus adroite encore dans les vocalises di forza (la reprise ornée de la cabalette « Salgo già » est bluffante) qu’Anna Pirozzi, dont elle reprend le flambeau avec toute la fougue de la jeunesse.

Alberto Comes, superbe Zaccaria, doué d’élégance et de brio, Laura Verrecchia, Fenena histrionique, et Alessandro Scotto di Luzio, Ismaele un peu vert, sans oublier l’Abdallo de Simone Fenotti ainsi que le beau Coro Lirico Marchigiano, complètent avantageusement cette distribution de qualité. Une soirée sous les étoiles comme on les aime.

FRANÇOIS LESUEUR

Ariunbaatar Ganbaatar (Nabucco)
Alessandro Scotto di Luzio (Ismaele)
Alberto Comes (Zaccaria)
Anastasia Bartoli (Abigaille)
Laura Verrecchia (Fenena)
Renzo Ran (Il Gran Sacerdote)
Simone Fenotti (Abdallo)
Alessia Camarin (Anna)
Fabrizio Maria Carminati (dm)
Paul-Émile Fourny (ms)
Benito Leonori (d)
Giovanna Fiorentini (c)
Ludovico Gobbi (l)
Giorgia Leonardi (ch)
Mario Spinaci (v)

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