Opéras Singin’ in the Rain à Paris
Opéras

Singin’ in the Rain à Paris

28/09/2026
© Valentin Folliet

Théâtre du Lido, 19 septembre

Pour ceux qui auraient vu le Singin’ in the Rain du Châtelet en 2015 (voir O. M. n° 106 p. 66), repris la saison suivante, puis au Grand Palais en 2017-2018, point de surprise pour cette « nouvelle production » au Théâtre du Lido, puisqu’il s’agit peu ou prou de la même, par Robert Carsen, avec de nouveaux costumes attrayants et chorégraphies (dont, fort heureusement, une séquence « Lido » à moult plumes, paillettes et sourires Colgate). Chacun reconnaîtra ses petits parmi les numéros – notamment les grisants « Make ’Em Laugh », « Moses Supposes » ou « Broadway Rhythm », claquettes obligent –, et peut-être encore davantage ici, étant donné la proximité du plateau avec le public (bien arrosé durant la séquence tant attendue) et la faible hauteur de scène, qui humanise le procédé de théâtre-cinéma dans le théâtre. Des projections remplacent les décors en dur, facilitant leur enchaînement. Si les dialogues parlés ralentissent quelque peu la trame par rapport au film, indétrônable, il y est insufflé bien assez d’énergie pour garder l’audience captive.

Jean-Luc Choplin a toujours le nez pour trouver des artistes couteaux suisses aux multiples talents – jeu en direct et filmé, danse, chant –, à commencer par la pétulante Maddie Waller, qui interprète Kathy Selden au-delà de l’amoureuse ballottée entre les situations. Natasha O’Brien dose très bien son comique de répétition dans le rôle de Lina Lamont, l’actrice peste à la voix impossible, et Charlie Waddell a tous les atouts du trublion Cosmo Brown. Le protagoniste, campé par Ashley Day, inonde le spectacle de bonne humeur, bien qu’il sacrifie parfois ses aigus pour assurer le panache de ses pas de danse.

L’Orchestre du Lido, réparti sur deux balcons latéraux et sous la baguette d’Alan Berry, préserve la générosité de cette musique en différentes formes de joie et de mélancolie. Il arrive que la configuration spatiale donne un peu d’avance à la percussion, mais que serait un « musical » sans un mouvement permanent vers le flux de l’action ?

THIBAULT VICQ

Ashley Day (Don Lockwood)
Charlie Waddell (Cosmo Brown)
Maddie Waller (Kathy Selden)
Natasha O’Brien (Lina Lamont)
Julius D’Silva (R. F. Simpson)
Daniele Coombe (Dora Bailey / Miss Dinsmore)
Alan Berry (dm)
Robert Carsen (ms/dl)
Luis F. Carvalho (dc)
Rebecca Howell (ch)
Fin Ross (v)

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