CD / DVD / Livres Samuel Hasselhorn : Schubert, Hoffnung
CD / DVD / Livres

Samuel Hasselhorn : Schubert, Hoffnung

07/04/2026

1 CD Harmonia Mundi HMM 902779

Dans sa grande anthologie Schubert chez le même éditeur une quinzaine d’années plus tôt, Matthias Goerne changeait d’accompagnateur à chaque nouveau volume, ménageant ainsi une intéressante diversité d’approches. L’idée paraissait insolite, mais, avouons qu’ici, dans cette édition entreprise par Samuel Hasselhorn (cinq volumes prévus, de 2023 à 2028, suivant la création schubertienne année par année), on rêverait de voir enfin arriver un autre pianiste qu’Ammiel Bushakevitz, dont le Schubert chichiteux agace à chaque programme davantage.

Un accompagnement trop affecté dans le rubato des doubles croches d’Im Freien, irritant dans An Silvia, où la basse trop piquée s’obstine à ne pas s’effacer, trop lent et sans nerf dans Sehnsucht (Seidl, D. 879), où l’on ne sent ni le gel ni la tempête que le poète décrit sans équivoque… Que dire des arpèges ridiculement serrés d’An die Laute, ou de Ständchen, dont les deux doubles croches en fin de premier temps du 6/8 virent à la caricature ? Am Fenster perd son atmosphère rêveuse, Wiegenlied paraît menu et mièvre… La palme du nombrilisme revient à Die Blume und der Quell, fragment dont on ne possède que quatre mesures d’introduction et la ligne vocale de la première strophe, et que le pianiste gonfle ici à plus de trois minutes en y ajoutant sa propre continuation, arbitraire, lisztienne et mignarde.

Samuel Hasselhorn n’est pas en cause. La voix s’est étoffée, les couleurs sont jolies, et Im Frühling s’annonce comme un possible sommet du récital, avant que le piano ne redevienne perlé et maniéré. Der Vater mit dem Kind laisse tardivement la meilleure impression : l’ambiance y est juste, et l’on entrevoit ce que cette collaboration pourrait donner si le pianiste consentait à s’effacer.

1826 n’est de toute façon pas une grande année de Lieder chez Schubert : pages souvent peu connues, encore que nullement secondaires, d’un romantisme mesuré mais original, dont les grandes interprétations restent à trouver chez Goerne, Gerhaher, Quasthoff ou Fischer-Dieskau, dont les partenaires n’avaient pas oublié que leur rôle, fût-il capital, reste d’accompagner.

LAURENT BARTHEL

1 CD Harmonia Mundi HMM 902779

Ammiel Bushakevitz (piano)

.

Pour aller plus loin dans la lecture

CD / DVD / Livres Tristan und Isolde à Dresde

Tristan und Isolde à Dresde

CD / DVD / Livres Don Giovanni à Vienne

Don Giovanni à Vienne

CD / DVD / Livres Faust à Madrid

Faust à Madrid